5 avril 2008
A propos d’Oscar Wilde : Le linceul du vieux monde, par Sébastien Rutès
Posted by journalduntraducteur under Livres lus | Tags: Oscar Wilde, tour Eiffel, anarchisme, Belle Epoque, opium, Aleister Crowley, Taibo |Souvenez-vous, Nino, qu’un dieu meurt lorsqu’il n’a plus d’adorateurs, mais qu’une idée à laquelle plus personne ne croit devient un idéal. Nous sommes des rois sans royaume : mon règne est passé, mais ce nouveau siècle ou le suivant, votre règne arrivera, comme dans la chanson…
Le linceul du vieux monde, c’est celui que tisse Bruant, le chanteur de la Belle Epoque. Mais aussi Nino, vieux militant anarchiste, et Oscar Wilde, poète déchu désireux de faire sauter la tour Eiffel. Ce tandem improbable sera entraîné dans une conspiration où rôdent opium et magie noire. Et qui pique les femmes dans les omnibus ?
Le roman, digne des meilleurs feuilletons d’époque (au sens noble du terme), nous entraîne dans un maëlstrom d’aventures échevelées. Argots d’époque, messes sataniques, glorieux faits d’armes de l’anarchisme, misère des faubourgs et mégalomanie de l’Exposition universelle… On ne fera qu’un reproche à l’auteur, par ailleurs universitaire et collaborateur de la revue Gangsterera : c’est trop court, en somme. La matière est tellement dense qu’elle se serait volontiers prêtée à un ouvrage plus épais.
Next time, hopefully.
Paru chez l’Ecailler, collection l’Atinoir. Préface de Paco Ignacio Taibo.

8 avril 2008 at 19:06
Je reviens sur le seul bémol apporté au livre de Sébastien Rutés: trop court.
Il a expliqué, lors d’une rencontre à la Boîte à Sardine ( Marseille), qu’il avait écrit un opus plus épais. C’est à la demande des éditeurs qu’il a publié une version édulcoré. Pour ma part, j’ai lu avec plaisir cette version courte de 163 pages certes mais dans un grand format.
C’est un premier roman prometteur même si le manuscrit n’aurait sans doute pas du être amputé. Trop court! C’est finalement un compliment… On attend le prochain.
9 avril 2008 at 12:45
Oui, c’était bien un compliment.
Je me souviens en effet que Sébastien avait expliqué ses soucis avec des éditeurs.