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Les vies parallèles, ce sont celles de Lebeaux, brasseur d’affaires belge, et de son avocat de main. Celles de Claude et Daniel, chiffonniers, talonnés par la misère. Celle d’Amélie, mère célibataire, soeur de Daniel, étouffée par la pauvreté. Et encore celle de Kasongo, ancien milicien mobutiste « réfugié » à Bruxelles. Des vies qui avaient tout pour rester parallèles, et ne se rejoindre qu’à l’infini, à la mort. Mais voilà : Claude et Daniel mettent la main sur des photos compromettantes, des photos datant de la colonisation belge du Zaïre. Et ils décident de faire chanter Lebeaux, l’homme dont la fortune dépend étroitement de l’Afrique, des atrocités qui s’y commettent.

Un livre épais, une évocation néoréaliste de Bruxelles comme cité des limbes, où le dénuement asphyxie la vie même. Ovejero pose la question du destin, de la damnation. Pourtant, le dénouement, subtil, redonne aux personnages leur humanité, leur faculté d’évoluer, sans que le problème du libre arbitre et de la fatalité soit réglé. C’est cette richesse qui permet d’échapper au désespoir.

Chez Moisson Rouge, traduit par Marianne Millon.

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