Souvenez-vous, Nino, qu’un dieu meurt lorsqu’il n’a plus d’adorateurs, mais qu’une idée à laquelle plus personne ne croit devient un idéal. Nous sommes des rois sans royaume : mon règne est passé, mais ce nouveau siècle ou le suivant, votre règne arrivera, comme dans la chanson…

Le linceul du vieux monde, c’est celui que tisse Bruant, le chanteur de la Belle Epoque. Mais aussi Nino, vieux militant anarchiste, et Oscar Wilde, poète déchu désireux de faire sauter la tour Eiffel. Ce tandem improbable sera entraîné dans une conspiration où rôdent opium et magie noire. Et qui pique les femmes dans les omnibus ?

Le roman, digne des meilleurs feuilletons d’époque (au sens noble du terme), nous entraîne dans un maëlstrom d’aventures échevelées. Argots d’époque, messes sataniques, glorieux faits d’armes de l’anarchisme, misère des faubourgs et mégalomanie de l’Exposition universelle… On ne fera qu’un reproche à l’auteur, par ailleurs universitaire et collaborateur de la revue Gangsterera : c’est trop court, en somme. La matière est tellement dense qu’elle se serait volontiers prêtée à un ouvrage plus épais.

Next time, hopefully.

Paru chez l’Ecailler, collection l’Atinoir. Préface de Paco Ignacio Taibo.

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