Si Margaret Thatcher est réélue Premier ministre ce mardi, je vous le dis :

Je vous le dis : vous connaîtrez la souffrance, lorsqu’il vous faudra payer pour être soigné.

Je vous le dis : vous connaîtrez l’ignorance, celle des talents laissés en friche et de l’intelligence gâchée, lorsque le savoir sera un privilège et non un droit.

Je vous le dis : vous connaîtrez la pauvreté, lorsque les retraites baisseront et que les aides sociales seront amputées par un gouvernement qui ne veut pas payer, dans une économie qui ne peut pas payer.

Je vous le dis : vous connaîtrez le froid, lorsque le prix du chauffage deviendra un impôt, un impôt indolore pour les riches et exorbitant pour les pauvres.

Je vous le dis : ne vous attendez pas à travailler. Quand on ne gagne rien, on ne dépense rien. Quand on ne dépense rien, le travail meurt.

Je vous le dis : vous ferez silence, lorsque le couvre-feu de la peur et le gibet du chômage vous auront appris l’obéissance.

Je vous le dis : vous ne bougerez plus de chez vous, lorsque le prix et la durée des transports vous emprisonneront à domicile, tuant votre temps libre.

Je vous le dis : tout crédit sera difficile, lorsque vos revenus auront fondu.

Si Margaret Thatcher gagne, je vous le dis : défense d’être monsieur-tout-le-monde.

Défense d’être jeune.

Défense de tomber malade.

Défense de vieillir.

(Extrait du discours « I warn you », prononcé en 1983 par Neil Kinnock ; traduit par votre serviteur).

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