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Parce que la traduction ce n’est pas rester seul devant son ordinateur, ou sa feuille blanche si l’on n’aime pas les ordinateurs. La traduction implique des rencontres, et ces rencontres, même les plus anodines, emmènent à la découverte de pays étonnants, dont on n’aurait jamais eu idée dans un bureau – bancaire ou autre.

– Sans les frères Farrelly et leur Comedy Writer, le traducteur n’aurait jamais rencontré le « big-titted beach bunny » (1), animal étrange principalement croisé en Californie.

-Sans Lovecraft et son Abomination de Dunwich, le traducteur n’aurait jamais rencontré de phrase alignant six adverbes en trois lignes. Littérairement, c’est indéniablement très fort.

-Sans Peter Craig et son Bloodfather, le traducteur n’aurait jamais découvert la technique martiale du wedgie (2) et ses ramifications, tels le melvin et le mervin.

-Sans Tony Allan et ses Vikings (Gründ), le traducteur n’aurait jamais imaginé que la mythologie scandinave était d’un pessimisme lovecraftien. Après le Ragnarok, dieux et géants sont morts. La poussière de givre retombe. Un couple d’humains a survécu, il repeuplera le monde sans doute. Tout peut recommencer dans l’innocence ? Non. Un dragon ailé surgit des profondeurs. Des cadavres humains sont cloués sur ses ailes.

(1) Pépette des plages à gros roplolos. (La traduction étant un processus imparfait, les lecteurs sont invités à faire part de leurs suggestions).

(2) Le wedgie consiste à saisir quelqu’un par ses sous-vêtements  et à les remonter vigoureusement. Le melvin est un wedgie pratiqué de face, le mervin un wedgie pratiqué à deux mains. Merci de votre attention.

-Enfin, sans la traduction, le traducteur n’aurait jamais pu comprendre les voeux de Manchette pour la nouvelle année :

« Il serait très important de n’exercer aucune profession et de n’avoir aucun loisir. Il serait très important que ces choses n’existent pas. »

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« Manchette est-il devenu Dieu ? » demande, avec une ironie légère, un commentateur mordant du roman noir.

Le mercredi 11 juin à 19h30, votre serviteur tentera de répondre à cette question, en compagnie et à l’instigation de Jacques Aubergy, de la librairie l’Ecailler de Marseille.

Venez naturellement nombreux.

Pour plus de détails :

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